Déclaration RS S3I au CE SSG le 22/02/2018

On ne cesse de nous rebattre les oreilles du fait que la profession dans son ensemble a de gros problèmes pour attirer les talents.

Pourquoi sans cesse se comparer aux concurrents qui de toute façon procèdent de façon similaire, au lieu de se concentrer sur ce qui ne va pas chez nous, comme par exemple dispenser des mesurettes qui sont là davantage pour faire joli dans des présentations que pour être efficaces, alors que les conditions de travail restent par ailleurs déplorables, ou au moins trop tristounettes pour que les salariés aient envie de rester. C’est certain, les relations publiques sont soignées et la vitrine bien décorée, mais dans l’effet ?

Des nouveaux diplômés embauchés à bas prix, malgré les assertions de la direction qui clame que les salaires proposés concordent avec ce qu’offre la concurrence, des jeunes à qui on ne propose ni télétravail, ni participation, ni des conditions de déplacement acceptables, des salariés qui sont traités plus ou moins comme du bétail, sans beaucoup de considération, alors que par ailleurs on clame haut et fort que les salariés constituent la richesse de notre groupe ?

C’est sûr que quand ces jeunes croisent des concurrents qui font le même travail dans une autre société, quand ils savent ce que l’on peut avoir ailleurs en matière d’avantages, et comparent avec ce que le groupe leur a proposé, quand ils se voient cantonnés à des postes qui sont loin de les faire rêver, la belle image en matière de social et dynamisme affichée sur Face2Face se ternit gravement.

Et quid des talents que l’on possède déjà ? Font-ils partie des meubles pour qu’on les ignore de la sorte ? Ce sont des salariés qui connaissent les valeurs du groupe, les gens en place, les méthodes de travail… tous les rouages, donc.

Actuellement, ce n’est plus du turn-over que nous avons à gérer, mais une véritable hémorragie de talents, dans la quasi-totalité des agences. Il n’y a qu’à voir les chiffres des démissions de janvier 2018 pour s’en convaincre.

Il ne s’agit pas seulement de « nouveaux talents » qui s’en vont, sur lesquels, en passant, on a massivement investi en formation (presque 1/3 du budget formation, tout de même). Il y a aussi toute cette population de travailleurs qui a servi le groupe avec abnégation pendant des décennies, et qui ont cru que demain, ce serait mieux, que demain, on leur proposerait des formations intéressantes ou des postes susceptibles d’enrichir leur carrière, mais… Ils ont déchanté. Maintenant, beaucoup s’en vont, même si c’est à contrecœur, déçus et un peu amers, parce qu’ils estiment ne pas avoir d’autre choix pour garder leur dignité et leur envie de travailler. Ce sont des salariés qui ont passé 15, voire 20, et même 25 ans dans l’entreprise.

Et s’ils s’en vont voir ailleurs au pas de charge, c’est que l’herbe y est sans doute aucun plus verte, malgré toutes les excuses pas très convaincantes ni très vérifiables que la Direction voudra bien nous servir, comme par exemple les difficultés de recrutement induites par le manque d’ingénieurs en France, alors que dans un même temps, on incite régulièrement les ingénieurs que nous avons à partir en Espagne en mobilité.

De bonnes mesures sociales font partie des critères qui sont susceptibles de retenir les talents, voire d’en attirer de nouveaux. Des conditions de travail acceptables, des augmentations plus régulières que le minimum Syntec, pas de parcage dans des bureaux « high-tech » exigus, ni d’astreintes qui n’en portent pas le nom et qui donc, ne sont pas rémunérées ni même compensées, pas de compensation minable pour un temps de trajet inacceptable.

Quand on reste dans le moins faisant, peut-on attirer durablement des talents ?

La Direction pense-t-elle donc que les mouches s’attirent avec du vinaigre ?

RS S3I au CE SSG

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